Mot du Maire


            L’année 2018 s’est achevée sur un mouvement de protestation où les citoyens ont arrêté de « rire jaune » pour enfiler le gilet de la protestation et essayer d’exprimer leurs difficultés quand la culpabilisation remplace la responsabilisation, quand les contraintes s’ajoutent aux obligations devant des défis de taille comme l’avenir de la planète.

 

Aussi, cette année, jamais la question du climat n’a été aussi évoquée dans les publications diverses : la fonte des glaciers, la disparition d’espèces vivantes, l’asphyxie des océans (pour ne citer qu’elles) qui induisent toutes une préoccupation liée au vivant.

 

 L’humanité tente de s’interroger sur sa capacité à produire un modèle plus durable par des accords internationaux. Notre quotidien nous montre l’extrême difficulté à tenir ces cadres dans un processus qui se veut de plus en plus économique avec des résultats rapides sous la dictature du pouvoir d’achat et du progrès mais avec la crainte de ne plus pouvoir régler ses factures.

 

La préoccupation de chacun

 

Si la planète a toutes les chances de durer, c’est bien des conditions de vie de l’humanité dont il est question. Certains disent : « moi, la fin du pétrole ou la fonte des pôles, je ne les verrai pas » mais nous voyons déjà tous l’accélération de la vitesse qui nous conduit vers ces phénomènes.

 

Protéger notre planète semble devenir une responsabilité dans la qualité de la relation que nous avons avec elle. Nous vivons dans un monde fini et ne pouvons lui appliquer une économie infinie et faire comme si les réserves étaient éternelles. Dans ce contexte de ressources limitées ou renouvelables, une municipalité doit prendre ses responsabilités. Il est évident que nous vivons avec des habitudes dont certaines seront peut-être radicalement modifiées dans un avenir proche comme la baisse drastique du volume des déchets ménagers qui arrive.

 

Faire tourner les compteurs moins vite

 

Pour l’heure, il s’agit de négocier un virage et de travailler sur la préservation de l’énergie avec des isolations adéquates sur les bâtiments communaux mais aussi des remplacements de menuiseries ou l’installation de chaudières moins énergivores. C’est exactement ce que nous avons fait en 2018 sur l’ensemble des bâtiments communaux, bien aidés par le programme Territoire à Energie Positive et Croissance Verte. Bien entendu, plus que des économies financières, c’est une baisse du nombre de mètres cubes consommés qui est attendue.

 

Dans le même esprit, l’éclairage public a aussi fait l’objet d’une attention toute particulière. Après les programmateurs permettant les coupures nocturnes, ce sont toutes les têtes des candélabres des lotissements qui ont été remplacées par des leds qui consomment dix fois moins. Une évolution qui tentera de se poursuivre encore dans les temps à venir. La traversée du bourg reste encore une préoccupation majeure, pour laquelle les techniques nouvelles devraient apporter des solutions.

 

Par ailleurs, l’école a été agrandie dans un projet d’avenir travaillé de longue date. Là aussi, nous avons tout mis en œuvre pour réaliser une structure qui, à la fois, réponde aux besoins du moment et garantit la durée avec une infrastructure peu gourmande en énergie en prévoyant un niveau d’isolation important et des éclairages de basse consommation.

 

D’autres salles ont aussi été rénovées : exit les menuiseries bois et simple vitrage d’il y a quarante ans et les plafonds aux huit centimètres d’isolant. Désormais ce sont trente centimètres de laine de verre qui réchauffent les tout petits et des panneaux à leds qui les éclairent tandis que toute la façade vitrée isole maintenant du froid.

 

2018 est aussi l’année où la barre des 500 arbres plantés par la commune depuis 10 ans aura été atteinte dont certains ont la vocation d’ombrager les bâtiments. Laissons à la nature le temps de faire son œuvre. La structure du nouveau parking de l’école a été réalisée avec des matériaux de récupération.

 

Et 2019 se veut une année de nouveaux changements puisque la municipalité veut maintenant produire de l’énergie et travaille sur des projets de couverture avec des panneaux photovoltaïques et revente de l’électricité produite. Dans un autre domaine, le marché de restauration scolaire renforce la présence de nourriture bio et rajoute une composante « circuits courts ».

 

Dans ce vaste monde, chacun a une responsabilité et si nous avons un faible impact quantitatif, nous devons peser du point de vue de notre état d’esprit et montrer que notre volonté de faire mieux a du sens. C’est notre responsabilité vis-à-vis des générations à venir face à une jeunesse qui change déjà certains de nos vieux modèles. Ensemble, nous pouvons prendre le bon chemin, si nous en faisons notre priorité.

 

« Désormais, la plus haute performance que devra réaliser l’humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains. Cultiver son jardin ou s’adonner à n’importe quelle activité créatrice d’autonomie sera considérée comme un acte politique, un acte de légitime résistance à la dépendance et à l’asservissement de la personne humaine ». Pierre RABHI

 

Pascal LAPERCHE, Maire de BEAUPUY